3e
numéro de Planète Pagode : octobre à décembre
2001
Le journal du réseau des acteurs de la culture scientifique,
technique et industrielle dans le Rhône.
Dossier
: la sécurité alimentaire
"Manger, c'est risqué"
Des
protéines anormales, des substances toxiques, des bactéries
infectieuses…on ne se rend pas compte de tout ce qu'on risque
de trouver dans son assiette. Pour y voir plus clair, nous nous
sommes adressées à plusieurs membres du réseau
étudiant la sécurité alimentaire. Grâce
à l'INRA principalement, nous faisons le point sur ces
"aliments indésirables".
Concernant les processus biologiques, le prion,
dont on a tant parlé, est une protéine qui s'accumule
sous une forme anormale dans le cerveau des personnes et des animaux
malades. Il peut être contenu dans des farines animales
de viande et d'os, aliments d'animaux destinés à
la consommation humaine.
Les mycotoxines, moins connues, constituent un groupe de substances
toxiques produites par des moisissures qui se développent
sur des céréales, des fruits,… Elles présentent
une panoplie d'effets mutagènes, cancérogènes,
tératogènes, immunotoxicogènes
et oestrogènes.
En France, plus de la moitié des intoxications alimentaires
collectives sont dues à des salmonelles. Ces bactéries,
présentes entre autre dans le foin mal stocké, sont
difficiles à combattre : elles se transmettent dans la
chaîne alimentaire par "porteurs sains" (contaminés,
ceux-ci n'expriment aucun signe de maladie et sont donc difficiles
à identifier).
La listéria, responsable de la listériose (ça ne
s'invente pas !), maladie infectieuse rare et grave est aussi
une bactérie. Capable de se multiplier entre 1°C et
45°C, en présence ou en absence d'oxygène, elle
résiste relativement au sel et au dessèchement,
mais est détruite par la chaleur. Ces caractéristiques
expliquent sa capacité à survivre et à se
multiplier lentement à la température de réfrigération
des aliments (4°C). Les substances chimiques, telles que les
anabolisants (hormones naturelles ou de synthèse) sont
des molécules susceptibles de modifier le métabolisme
animal et d'accroître une production de viande ou de lait,
ou bien de modifier la composition de l'animal : plus de muscles,
moins de graisses.
D'autres substances, les xéno-oestrogènes, peuvent
agir sur la fabrication des hormones des animaux et de l'homme.
Ce sont des substances chimiques naturelles synthétisées
par les plantes ou les contaminants d'origine industrielle qui
présentent des propriétés hormonales. Chaque
année, environ 1000 substances chimiques nouvelles apparaissent
sur le marché et l'on utilise de façon courante
plus de 70000 molécules chimiques connues. Les études
de toxicologie en laboratoire permettent de déterminer
à priori les dangers que la substance fait peser sur l'environnement.
Sa transformation dans le milieu peut parfois conduire à
augmenter sa toxicité.
Les organismes génétiquement modifiés ne
représentent vraisemblablement pas de risques allergiques
pour les personnes. Ils posent par contre d'autres questions sur
un plan écologique…
Il est impossible d'éliminer tous les risques : l'observation
constante des habitudes de consommation et de leurs conséquences
est indispensable. En France, les problèmes de sécurité
alimentaire sont la cause de 300 décès par an. Ce
qui paraît plus surprenant, ce sont les 400 000 morts par
an liés à une mauvaise alimentation (maladies cardio-vasculaires,
cancers du colon,…) ! Mieux vaut donc privilégier une alimentation
équilibrée en mangeant plus de fibres.
Pour informer le public sur ces thèmes, divers organismes
tels que le CIDIL, la DSV,
l'INRA et d'autres structures peuvent être
contactés (voir encadré).
Anne-Laure
Ferlat et Catherine Ambroise-Rendu
prion
est une abréviation de l'anglais "protéine
infectieuse"
tératogène : qui, par son
action sur l'embryon, peut produire des malformations
les fibres et les micro-constituants sont
contenus dans les légumes, les fruits, les céréales
et les légumineuses (notamment les lentilles)
L'INRA,
Institut National de Recherche en Agronomie mène une activité
de recherche spécifique sur la nutrition, l'alimentation
et la sécurité alimentaire.
Le
CIDIL, Centre
Interprofessionnel de Documentation et d'Informations Laitières,
met au point une veille marketing, une veille "innovation
produits", une veille technologique et une veille "réglementation".
Vous pouvez retrouver toutes les informations sur cette structure
et sur bien d'autres, étudiant le lait sur leur site internet.
L'AFSSA,
Association Française de Sécurité Sanitaire
des Aliments, a surtout un rôle d'expertise avant que la
Direction Générale de l'Alimentation (DGAL) ne fixe
les règles et rédige les arrêtés ministériels.
La
DSV, Direction des Services Vétérinaires, est la
décentralisation des contrôles de la DGAL au niveau
de la santé animale, de l'hygiène alimentaire (abattoirs,
restaurants, ...) et de la pollution de l'environnement (élevages,
industries agro-alimentaires). Tél : 04 72 61 37 00