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- Planète Pagode - Cinquième numéro


Planète Pagode

 
 

5e numéro de Planète Pagode : avril à juin 2002
Le journal du réseau des acteurs de la culture scientifique, technique et industrielle dans le Rhône.

Dossier : A quoi servent les cafés des sciences ?

Après plus de quatre années d'existence, les cafés des sciences sont désormais bien installés dans le paysage de la culture scientifique. Mais quelle est la réelle portée de ces débats conviviaux autour d'un verre, et quelles en sont les limites ?

Les cafés des sciences se sont rapidement développés ces dernières années un peu partout en France.
Cette formule simple, qui rassemble des intervenants divers dans un lieu convivial pour débattre de sujets scientifiques en termes accessibles à l'heure de l'apéro connaît un indéniable succès, rassemblant une centaine d'amateurs de sciences chaque mois.


De nombreuses demandes de cafés " exceptionnels " nous parviennent régulièrement, qu'il s'agisse de donner une vitrine dans la cité à un grand congrès international, d'organiser un débat dans un village rural, dans un centre social ou pour un public spécifique, comme les étudiants de fac.

Le succès des cafés peut s'expliquer par plusieurs avantages que présente la formule par rapport aux autres voies habituelles de diffusion des sciences. D'abord, à l'inverse des conférences solennelles, le café, lieu neutre, permet une grande convivialité et favorise le débat libre, qui est de plus en plus exigé par le public. Les cafés se déroulent dans une ambiance chaleureuse, propice au dialogue, et montrent les sciences " en train de se faire ", avec leurs incertitudes, les erreurs, loin de la langue de bois. Car les citoyens n'attendent plus des chercheurs la bonne parole, la vérité indiscutable, mais un avis informé par des années de travaux sérieux, avis qu'ils intégreront comme une information parmi d'autres.


© 1001-sciences
Mais les cafés présentent aussi de nombreuses limites. D'abord, comme les autres initiatives dans le domaine, ils ne réussissent pas à attirer un public suffisamment représentatif de la population. Ensuite, leur traitement des sujets scientifiques est forcément un peu superficiel, car les débats sont limités à deux heures, et partent de zéro. Les cafés représentent donc une " mise en bouche " agréable mais qui ne saurait se substituer au vrai débat démocratique encore trop souvent confisqué sur les sujets technoscientifiques. Les récentes conférences citoyennes, de par la formation des citoyens qu'elles assurent et la répercussion de l'avis exprimé par une assemblée de citoyens, constituent un prolongement indispensable des cafés sur des sujets complexes et polémiques.

Les cafés des sciences représentent en tout cas une tentative originale pour mettre la science en culture. L'association 1001 sciences, qui organise les cafés lyonnais, permet à des chercheurs et des amateurs de confronter leurs points de vue, et de donner naissance à des projets innovants en toute indépendance des institutions, comme en témoignent les " cafés juniors " (voir encadré). Cette indépendance entraîne aussi une certaine fragilité, et les cafés des différentes villes cherchent aujourd'hui des moyens pour pérenniser cette forme de débat, qui repose encore trop souvent sur l'enthousiasme de quelques-uns… Tous les membres du réseau connaissent ce problème, dont on ne sortira durablement que quand la communauté scientifique sera suffisamment incitée, notamment via la formation universitaire, à sortir des laboratoires et à s'impliquer dans toutes ces expériences qui, avec leurs inévitables tâtonnements, essayent de ramener dans le giron démocratique les questions technoscientifiques.

Pablo Jensen,
chercheur au CNRS,
responsable du café des sciences de Lyon
jensen@dpm.univ-lyon1.fr

Pourquoi je reviens aux cafés…

Parce que j'y ai écouté des chercheurs, des professeurs, des écrivains, des artistes, bref des personnes qui savent des choses que je ne sais pas, mais surtout qui ont envie d'en parler, envie de partager leurs certitudes et leurs doutes avec d'autres. J'ai aimé à la fois la qualité et l'étendue de leurs dires, et le contact direct, vivant, de leurs voix vibrantes et de leurs regards pétillants. En sortant je me sens plus intelligente, plus savante, plus éclairée sur le monde…
J'ai envie de leur dire merci, merci d'avoir ouvert les portes de leurs mondes, merci des questions apparues, et de quelques réponses…

Catherine Ambroise-Rendu,
chargée de communication au Cemagref et au CCSTI de Lyon

Les Cafés Scientifiques Juniors

Ces "Cafés des Sciences" sont organisés par les professeurs et lycéens au sein de leur établissement avec l'aide de 1001 Sciences.
Cette initiative, lancée en 1999, permet d'aborder les sciences dans des débats citoyens sur des thèmes de société comme "OGM", "Nouvelles énergies", "Dopage"… Elle s'inscrit dans les nouvelles orientations de l'Education Nationale : ECJS*, TPE**, PAC***.
Actuellement, cet outil pédagogique s'étend de l'agglomération lyonnaise à la région Rhône-Alpes, et essaime jusqu'à Strasbourg.

Hélène Roche,
initiatrice des cafés junior,
professeur au Lycée La Favorite (5è)

Ce projet est soutenu par le Rectorat et le Ministère de la Recherche

* Education Civile, Juridique et Sociale
** Travaux Pratiques Encadrés
*** Projets Artistiques Culturels

Un annuaire des cafés lyonnais

Beaucoup de cafés lyonnais ou des environs proposent des débats citoyens. En complément de ce numéro "spécial café des sciences" de Planète Pagode, nous vous proposons un annuaire, de ces lieux ou structures, non exhaustif, qui donne un aperçu de la variété des thèmes proposés dans d'autres cafés.